Michel Volle, propose de comprendre que : « le numérique c’est l’ensemble des phénomènes anthropologiques liés à l’informatisation »
-Une 1ère révolution industrielle a donné lieu à la mécanisation du monde productif. De là, aucun mot n’a désigné les conséquences anthropologiques de la mécanisation, sinon « industrialisation » qui conservait cependant une connotation technique. Pourtant on ne peut pas nier que ces conséquences anthropologiques n’ont pas été innombrables.
-Puis, plus proche de nous, l’informatisation, le transfert massif de données numérique aux machines s’accélère, la croissance de leur puissance de traitement également, vient la création du mot « Informatique », puis l’Internet.
-Aujourd’hui, alors que l’informatisation est très loin d’avoir déployé toutes ses conséquences, sur la société dans son ensemble, employer le terme informatisation est devenu « ringard » et maintenant il convient de parler de « Numérique ».
-Pourtant, on a à faire avec un travers récurrent, on est toujours tenté de réduire l’informatisation à la technique qui lui sert de socle : taille et rapidité des mémoires, puissance des processeurs, débit des réseaux, qualité des ressources logicielles, etc…
-L’expérience montre cependant que l’informatisation d’une institution, d’une entreprise, ne peut réussir que si elle est conduite par un dirigeant conscient des phénomènes anthropologiques qu’elle met en mouvement : s’il ne l’est pas, l’informatisation trébuchera sur autant de types d’obstacles que l’anthropologie comporte de dimensions.
-L’informatisation, masquée sous les noms de « TIC » ou de « numérique », apparaît comme une avalanche de gadgets et non comme un processus anthropologique qui remodèle la mission et l’organisation des institutions. Le risque réel qu’elle comporte – la puissance et la discrétion qu’elle procure à des entreprises criminelles, le danger que cela représente pour la démocratie et l’Etat de droit – n’est pas perçu et l’on évoque des risques imaginaires (« déshumanisation », « trop d’information tue l’information ») ou réels mais limités à une période de transition (« l’automatisation tue l’emploi »).
Références : 
Numérique et informatisation
Comprendre l’informatisation
Pouvoir et agir